Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 19:39
Nouvel appel à propositions de recherche du programme ITTECOP.

Vous trouverez ci-joint le nouvel appel à propositions de recherche du programme Infrastructures de transports terrestres Paysages et écosystèmes  (ITTECOP)

Cet APR est téléchargeable sur le site du MEEDDAT:  
http://www.developpement-durable.gouv.fr/article.php3?id_article=4412
Les propositions sont attendues pour le 1er juin 2009.

Contact: Gérard Guillaumin
Chargé de mission
MEEDDAT - CGDD - DRI/SR
20, avenue de Ségur 75007 Paris
01 42 19 17 73
gerard.guillaumin@developpement-durable.gouv.fr
APR ITTECOP
Par Admin-Polytech-21
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 23:30
CONSOMMER AUTREMENT

Quiconque est attentif à rester en bonne santé, sensible à la préservation de l'environnement et soucieux de limiter ses dépenses ne peut faire l'impasse d'une réflexion sur les déchets qu'il produit. Une réflexion qui nous conduit à poser un regard plus éclairé et plus responsable sur nos actes d’achat et à leur substituer, quand cela est possible, des alternatives. Pour le plus grand bien de l’homme et de la Terre.

Notre modèle de société, qui place la consommation au centre de nos vies et de nos ambitions, nous pousse à acheter toujours plus de produits.
Pourtant, les déchets générés ont des conséquences inévitables sur notre santé et sur notre environnement, sans parler des coûts générés par la consommation au-delà des besoins et le gaspillage, par le traitement des pollutions tout au long du cycle de vie des produits et par celui des déchets.

En effet, que les déchets soient stockés, incinérés ou recyclés, leur collecte, leur transport et leur transformation sont fortement consommateurs en énergie, contribuant ainsi à l’augmentation de la pollution et au changement climatique par la production de gaz à effet de serre. Sans compter le coût élevé de la collecte sélective auquel les ménages participent à travers les taxes à l’achat ou leurs impôts locaux.

De plus, si ces déchets sont brûlés dans des incinérateurs ou stockés par enfouissement, les substances toxiques qu’ils libèrent dans l'air, les sols et les eaux seront un jour ou l'autre directement ou indirectement absorbées par nous autres humains via les végétaux et les animaux que nous mangeons ou l’air que nous respirons.

Manger bio, local, de saison, utiliser les produits les moins polluants possibles pour l'entretien, la décoration ou la construction de notre maison ne suffit donc pas : il est également essentiel de réduire le volume et la toxicité de nos déchets.

Nous sommes maintenant habitués à trier nos déchets pour leur recyclage.
Mais il existe bien d’autres solutions, bien plus satisfaisantes en matière de préservation de notre santé, de celle des milieux de vie et d’économies de ressources naturelles.

Nous allons les passer en revue, de la meilleure à la moins mauvaise.

En termes de production de déchets, bien sûr ! Sachant que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ! Que le meilleur moyen de ne pas produire de déchet est encore de limiter ses achats. Mais si nous choisissons d’acheter, c’est avant de le faire qu’il convient de se poser les bonnes questions sur les déchets que nos achats vont générer.

Dans la suite de cet article, nous allons développer successivement quatre séries de propositions :

  1. Renoncer à un achat ;
  2. Trouver des alternatives à l’achat;
  3. Acheter des produits recyclés ou d’occasion ;
  4. Choisir les articles dont les déchets seront les moins volumineux et les moins toxiques possible.

1) *Renoncer à un achat*


Avant tout acte d’achat, l’idéal serait de nous interroger sur la réalité et la nature de nos besoins et de nous demander si nous ne pourrions pas les satisfaire autrement… Ce qui n’exclut pas de se faire plaisir, bien sûr !

Pour nous y aider, voici quelques suggestions de questions à se poser avant de prendre la décision d’acheter ou non :

Ne puis-je pas continuer à me passer de ce dont je me suis toujours passé ?

Cet article est-il vraiment indispensable ? Ne puis-je pas me contenter
de ce que j’ai déjà ? Que va-t-il m’apporter de plus ?

Ce produit est-il réellement utile ou flatte-t-il surtout l’image que
j’ai de moi-même?

Est-ce que je n’aspire pas plutôt à être reconnu pour ma valeur et mes
qualités personnelles que pour la quantité, la valeur économique et le
niveau de sophistication technologique de ce que je possède ?

N'est-ce finalement pas une marque de faiblesse et une forme de
dépendance que de céder aux phénomènes de mode, aux sirènes de la
publicité et à la tyrannie des marques ?

Si, après avoir essayé de répondre à ces questions, il nous apparaît
qu’un achat est indispensable, de nombreuses alternatives sont encore
possibles !

2) Trouver des alternatives à l’achat

FAIRE SOI-MEME

La meilleure façon de contrôler la qualité de son alimentation est de
choisir soi-même les ingrédients et leur mode de cuisson. Pratiquer le
jardinage quand c’est possible permet aussi d’éviter les produits
chimiques et d’offrir sa propre production à ses proches, tout en
faisant des économies substantielles. Idem pour le bricolage et certains
travaux d’habitat. Il existe des livres et des stages qui permettent
d’apprendre à faire soi-même.

REPARER OU FAIRE REPARER : Si l’un de nos équipements électroménagers ou
informatiques est en panne, si l’un de nos meubles est détérioré,
commençons par nous demander s’ils ne pourraient pas être réparés. Par
nous-mêmes, par un voisin bricoleur ou par un professionnel. Pour les
vêtements, on pourra se rendre dans une retoucherie.

LOUER : Certains produits dont l’usage est limité dans le temps se
prêtent particulièrement bien à la location : certains matériels de
jardinage, de bricolage, les CD, les DVD, par exemple. Il peut aussi
être plus économique de vivre sans voiture, en particulier en ville, et
de louer un véhicule de temps en temps.

EMPRUNTER
: Plutôt que d’acheter livres, CD, DVD ou jeux, empruntons-les
dans les bibliothèques, discothèques, vidéothèques et ludothèques
municipales.

De même, plutôt que d’acquérir tel ou tel outil de bricolage ou de
jardinage qui va nous servir deux fois par an, autant demander à un ami
ou à un voisin de nous le prêter.

PARTAGER : Mieux encore ! regroupons-nous entre voisins et faisons un
achat collectif. Mieux vaut investir à plusieurs dans des outils ou des
machines performantes et de qualité plutôt que d’acheter dans les gammes
de prix accessibles aux particuliers mais dont la longévité et les
performances sont quelquefois médiocres. Il existe également des réseaux
et des sites internet par lesquels les participants proposent les objets
qu’ils sont prêts à donner ou échanger.

ECHANGER : En marge du système monétaire et culturel dominant, existent
des réseaux qui permettent d’échanger des services (travaux divers,
garde d’enfants, aide aux personnes âgées…), des objets (outils,
matériel divers…), des connaissances (langues, savoir-faire variés…) et
des pratiques. La « monnaie d’échange » est alors basée sur le temps
passé dans la relation.

Parmi ces réseaux, citons principalement les SEL (Systèmes d’Échanges
Locaux) et les RERS (Réseaux d’Échange Réciproque de Savoirs)

Ils recensent les offres et les demandes et mettent en relation les
intéressés.

Cela permet de partager, de s’entraider, de retrouver des liens de
proximité et de dynamiser la vie locale.

REUTILISER

Nous pouvons réutiliser les emballages (sacs en plastique ou en papier,
bouteilles et pots en verre, bocaux, boîtes en carton, papier cadeau,
etc.) chaque fois que c’est possible ou bien utiliser le verso des
feuilles de papier avant de les mettre à recycler.

Quant à nos enfants et aux artistes en herbe, ils peuvent confectionner
des jeux ou réaliser des travaux manuels en transformant des objets ou
des matériaux récupérés. De plus en plus de livres foisonnent d’idées en
ce sens. L’art de la récup gagne du terrain !

3) Acheter des produits recyclés ou d’occasion

En achetant des produits recyclés ou d’occasion en bon état, nous
contribuons à réduire la consommation en matières premières ainsi que
les pollutions et dépenses d’énergie dues à la fabrication et au
transport de produits neufs.

Brocantes, vide-greniers, bourses, dépôts-ventes peuvent être une bonne
solution pour vendre ou acheter mobilier, électroménager, vaisselle,
luminaires, vélos, livres, CD, DVD, vêtements, jeux et jouets, etc.
Pensons également à acheter des produits remis à neuf ou recyclés :
pneus, papier, etc.

Il existe des réseaux de récupération, réparation et revente d’appareils
électroménagers usagés comme le réseau ENVIE, qui permet par ailleurs à
de nombreuses personnes de retrouver une vie active.

Certains objets recyclés (mobilier, luminaire, décoration etc.) peuvent
être achetés dans des ressourceries/recycleries.

Si aucune des solutions proposées jusque là ne nous convient et qu’un
achat est inéluctable, il nous reste un nombre considérable de
possibilités pour limiter les déchets générés par nos achats.

4) Choisir les achats dont les déchets seront le moins volumineux et le  moins toxiques possibles

Quelques bonnes questions utiles avant d'acheter :

Ce produit ou son emballage est-il toxique ?

Certains produits (piles, déchets électroniques, plastique, bombes aérosols, produits ménagers,
lingettes, couches jetables, etc.), libèrent dans l'air, dans l'eau et  dans les sols des substances dangereuses non biodégradables. De plus,  leur transport, leur retraitement et leur élimination sont coûteux et  polluants. Certains d’entre eux sont aisément repérables à l'aide d'un  pictogramme de danger.

Nos conseils :

- Privilégier des produits bénéficiant d'un label environnement
(NF-environnement, éco-label européen), les écoproduits ou les produits
bio ;

- préférer les produits réutilisables ou rechargeables, ou fonctionnant  sans piles ;

- utiliser des piles jetables uniquement en dernier recours (éviter les  salines !) ;

- déposer les piles jetables et rechargeables hors d’usage dans les bacs  de collecte des magasins vendant des piles ;

- privilégier les produits concentrés, les grand contenants ;

- préférer les produits en tubes aux bombes aérosols ;

- penser aux produits de substitution qu'utilisaient nos grands-mères ;

- certains savons (d’Alep par exemple) peuvent constituer une excellente  alternative aux gels douche, shampoings ou aux mousses à raser (surtout  si elles sont en bombes) ;

Quelle sera la durée de vie de ce produit ?

Par les matériaux qu'ils  nécessitent pour leur fabrication, l’énergie qu'ils consomment pour leur  transport, puis pour leur retraitement ou leur élimination, les produits  à usage unique sont une véritable catastrophe écologique. D'autant plus  que des alternatives durables existent dans la plupart des cas.

Nos conseils :

- Résister aux produits d'appel, au premier prix, le plus souvent
synonymes de durée de vie courte ;

- préférer les équivalents durables aux produits jetables (serviettes,
lingettes, gobelets, couverts, rasoirs, stylos, etc.) ;

- éviter la vente à emporter qui génère de nombreux déchets.

L'emballage de ce produit est-il vraiment utile, n'est-il pas  surdimensionné ?

Certains emballages sont inutiles, d'autres  surdimensionnés : ce sont davantage de camions sur les routes pour les  acheminer jusqu’à leur point de vente puis pour transporter les  emballages vers le recyclage, et davantage d'énergie pour recycler. Par  ailleurs, le prix de l'emballage peut aller jusqu'à dépasser celui du  produit qu'il contient. N'est-il pas stupide de payer pour quelque chose  que l’on va jeter ? Et dont on paiera ensuite indirectement le prix du  recyclage ou du retraitement ?

Nos conseils :

- Éviter les emballages surdimensionnés ;

- préférer les emballages en verre, en métal ou en carton qui se
recyclent mieux ;

- éviter les doubles emballages (cartonnettes de dentifrice, de plats
préparés, de produits de beauté, etc.) et les emballages mal remplis :
boîtes de céréales, de riz, de pâtes, etc. ;

- privilégier les grands contenants ;

- privilégier les produits à la coupe, au détail ou en vrac à ceux en
barquettes entourées d'un film plastique ou en sachets ;

- éviter les portions individuelles (fromage), sachets pré-dosés (riz),
mini-doses (café, sucre, thé) ;

- penser à prendre son panier ou son chariot et à se munir de sacs
plastique avant de partir au marché ou chez les commerçants ;

- cuisiner soi-même quand c’est possible (ce sera aussi l’occasion de
mieux maîtriser la qualité des ingrédients, le mode de cuisson et
d’éviter les additifs alimentaires) ;

- préférer l'eau du robinet (si elle est potable et de qualité, sinon
installer un filtre).

Quelques idées supplémentaires pour réduire nos déchets

DONNER : Pensons à donner à notre entourage ou à des associations
caritatives ou humanitaires tout ce qui peut être réutilisé (vêtements,
jouets, meubles, livres, lunettes, chaussures, médicaments, etc.).
Portons nos vêtements usagés dans les containers destinés à la collecte.
Des réseaux comme LE RELAIS assurent la collecte, le tri et le
reconditionnement des vêtements. EMMAÜS assure quant à lui la
récupération et la revente d’objets et de meubles en bon état.

Déposons nos encombrants sur le trottoir les jours de collecte, ils
pourront faire des heureux alors que si nous les amenons à la
déchetterie, ils ne pourront être réutilisés.

Nous pouvons également déposer les objets, meubles, jouets, appareils
dans des ressourceries/recycleries : après tri, contrôle, nettoyage et
réparation, celles-ci en assureront la revente à faible prix à des
personnes qui en ont besoin.

refuser la publicité dans nos boîtes aux lettres : Restons vigilants
vis-à-vis des messages publicitaires et des offres commerciales. Coller
un autocollant « stop pub » sur sa boite aux lettres peut aller jusqu’à
réduire de 40 kg le poids annuel de nos déchets. En commander plusieurs
et en proposer à nos voisins et amis.

Extraits de la revue :

Biocontact, n°189, Mars 2009
Par : Alain Delacour et Véronique Gallais
Dossier "Recyclons !"
Par Admin-Polytech-21
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 10:26

 

Pourquoi choisir l'environnement et la maîtrise de l'énergie ?

- le développement durable, l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l'environnement sont les défis d'aujourd'hui.

- des transformations d'ordre technologique, organisationnel et comportemental sont indispensables pour notre société de demain.


Le programme Formation par la Recherche de l'ADEME a pour objectif la création et la diffusion de nouveaux savoirs dans les domaines de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables ou plus largement des écotechnologies.

60 nouveaux postes de doctorant
  sont soutenus cette année par l'ADEME.
En tant que doctorant, vous travaillez au sein d'un laboratoire de recherche français ou européen.

Votre rémunération est prise en charge pour une durée maximale de 3 ans (congés inclus), à hauteur de
1.805€/mois grâce à un cofinancement de l'allocation de thèse par le partenaire public ou privé et l'ADEME.


Si vous êtes intéressé(e),
nous vous invitons à déposer votre candidature en ligne avant le 31 mars 2009.

Contacts :
Eliane Jallot ou Valérie Pineau
E-mail : theses@ademe.fr
Fax : 02 41 87 23 50

 

Par Admin-Polytech-21
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 11:27
Un site validé par le Grenelle de l'environnement et l' Ademe , autant dire trés officiel, propose des informations sur des fiches pratiques, sur de nombreux sujets pouvant intéresser des administartions et services publics :

les Fiches accessibles   :

Fournitures de bureau en papier

Fournitures de bureau autres que papier

Produits électriques

Matériel électrique et électronique

Mobilier professionnel

Amendements et engrais

Matériel d'entretien des espaces verts

Terrains et installations de sport

Produits d'entretien et d'exploitation des locaux de restauration collective

Matériel des locaux de restauration collective

Exploitation, entretien et maintenance de restauration collective

Nettoyage des vêtements et textiles divers

Matériaux de construction

Composants pour la construction

Matériel de distribution d'eau

Véhicules, y compris les 2 roues

Carburant, huile, pièces de rechange

Lavage, entretien et maintenance des véhicules

Mobilier urbain autres que sanitaires


Sanitaires urbains

Matériel pour l'éclairage urbain

Entretien du mobilier urbain

Mobilier scolaire et accessoires

Outils pédagogiques

Encres et autres consommables

Matériel d'impression et de reprographie

Entretien et maintenance des installations et équipements de reprographie

Fournitures de classement

Rayonnages

Produits pétroliers

Générateurs thermiques

Exploitation, entretien et maintenance des installations thermiques

Installations frigorifiques

Exploitation, entretien et maintenance des installations frigorifiques et des fluides

Produits de nettoyage et d'entretien des locaux

Nettoyage et entretien des locaux

Divers





Source : http://www.ecoresponsabilite.ecologie.gouv.fr/
Par Admin-Polytech-21
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 23:03
Un discours que bien peu de gens veulent lire et comprendre....

Avec 35 % de la consommation energetique de la planete
(et le meme pourcentage en France, bien que les debats sur l'energie aient une furieuse tendance à se focaliser sur le nucleaire ou l'eolien), le petrole est la premiere des energies consommees dans le monde.

Mieux : quasiment plus aucune production, aujourd'hui, ne peut fonctionner sans transport, donc sans petrole (qui alimente 98 % de ce qui roule sur terre).

C'est vrai des activites de bureau, les salaries ayant besoin de se rendre à leur travail (pour beaucoup en voiture), mais aussi des commerces, dont l'essentiel n'existe plus sous la forme actuelle sans camions et sans voitures, des industries qui doivent chauffer des matieres, receptionner des fournitures et livrer des clients (tout ca en camion), et c'est encore vrai du tourisme (qui est difficile sans deplacement de touristes !) ou... de la presse, qui consomme de grandes quantites de papier qu'il a fallu fabriquer - avec de l'energie - et qu'il faut distribuer une fois imprime.

Non content d'etancher un tiers de notre soif energetique, pour un prix ridicule (en Occident, le petrole vaut mille fois moins cher que le travail humain qu'il remplace), le pétrole sert aussi d'etalon pour le prix des autres energies. Le gaz (25 % de la consommation mondiale d'energie) est ainsi vendu avec un prix qui varie largement comme celui du petrole et c'est aussi largement vrai pour le charbon (20 % de l'energie mondiale).

C'est donc dire que si le prix du petrole augmente, c'est le prix de toute l'energie qui augmente, y compris celui de l'electricite, puisque, dans le monde, les deux tiers de cette derniere sont fabriques avec des combustibles fossiles.

Et apres ? Apres, si le petrole augmente vite, c'est... la recession.

Depuis 1970, toutes les hausses significatives du prix du baril se sont terminees par une recession, pendant laquelle ledit prix s'est du reste mis à baisser. Mieux : sauf entre 1983 et 1986, le petrole n'a baisse de maniere longue que pendant les periodes de recession.

Tout cela est normal : l'economie, ce n'est qu'une succession de transformations physiques et chimiques effectuees à partir des ressources naturelles, et, par definition, il n'existe pas de telles transformations sans energie. Des lors, tout devient tres simple : un prix de l'energie qui baisse, ce sont des transformations rendues moins onereuses et donc une economie qui croit, et, à l'inverse, une energie qui augmente rapidement, c'est la recession à peu pres assuree.

85 % de notre consommation d'energie actuelle venant de stocks finis (charbon, petrole, gaz, uranium 235), les mathematiques nous imposent qu'il y aura, pour ces energies, un maximum à la production annuelle puis un declin. Pour le petrole, les operateurs (Total, Shell, BP et d'autres) ne cessent de nous repeter desormais que cela arrivera dans les cinq ans, si ce n'est dejà le cas, et dans les quinze ans pour le gaz. Il est à peu pres evident que, si nous ne nous mettons pas en économie de guerre pour sortir de cette situation tres vite, ce qui nous attend risque fort d'etre plus une succession de recessions brievement entrecoupees de remissions que la hausse perpetuelle du pouvoir d'achat promise par le premier candidat venu.

Dans ce contexte, le petrole redevenu peu cher est source de tous les dangers. Il laisse croire que le probleme de l'approvisionnement a disparu, alors que c'est juste le reflet d'une demande qui baisse à cause de la recession ; il dissuade de faire les investissements structurants pour economiser l'energie fossile, alors que ces derniers ne pourront etre faits en une semaine « le moment venu », puisque cela concerne les logements, l'urbanisme industriel, les transports, la production electrique et meme la structure des metiers ; il eloigne le spectre de la penurie, alors que la recession actuelle menace justement la stabilite du monde et donc nos approvisionnements futurs.

Si un petrole trop peu cher est une mauvaise affaire, meme en temps de recession, la solution est d'une simplicite biblique : il faut en monter le prix. Meme maintenant ? Oui, meme maintenant, pour au moins deux raisons. La premiere est celle mise en avant par Obama quand il tend la main aux constructeurs auto en meme temps qu'il veut renforcer les normes antipollution : il faut redemarrer l'activite (en fait l'emploi) sur de bonnes bases et donc avec la perspective d'un acces à l'energie fossile qui ne sera pas de plus en plus facile, mais bien de plus en plus freine, et qui doit de toute facon l'etre pour eviter un changement climatique, dont les consequences feront passer la crise actuelle pour une aimable plaisanterie. La seconde est que cela degage des rentes disponibles pour les Etats consommateurs pour financer la reconversion, alors que sinon les producteurs fermeront les vannes, jusqu'au moment ou le prix remontera, avec un effet net pour le consommateur final identique, sauf que c'est le producteur qui aura capte la rente et donc que le pays consommateur n'aura pas un centime pour payer sa reconversion.

Le debat qui nait sur la taxe carbone est donc bienvenu.

Il faut juste ne pas se tromper de priorites : la taxe carbone n'est pas un accessoire à la suppression de la taxe professionnelle, mais une proposition principale dont une des contreparties est la fiscalite du travail. Car le principal but de cette taxe carbone n'est pas de boucher un trou dans les recettes de l'Etat, c'est de modifier le comportement des acteurs economiques pour sortir des combustibles fossiles avant que ce soit ces derniers qui nous sortent, c'est-à-dire provoquent des crises à repetition, dont celle-ci n'est peut-etre qu'un premier exemple pas trop mechant. Pour parvenir à ce resultat, il faut des modalites particulieres et notamment une hausse reguliere et programmee du prix final pour le consommateur, seule maniere de lui donner la necessaire visibilite pour programmer ses investissements (des entreprises comme des menages).

Servir de bouche-trou à la suppression d'un autre impot ne permet pas cette programmation indispensable, meme si, à l'evidence, la question de la contrepartie se pose necessairement dans tout debat fiscal. Enfin, il ne faut surtout pas attendre de sortir de la recession actuelle - largement due à la forte hausse du prix du petrole qui a pris place de 2002 à 2008, on semble un peu trop l'oublier - pour recommencer à s'occuper de l'energie : alors que nous sommes à quelques annees tout au plus du plafonnement geologique de la production petroliere, il y a toutes les chances que cette recession dure bien trop longtemps pour que nous puissions nous offrir un tel repit.

Jean-Marc Jancovici est consultant, enseignant et coauteur avec Alain Grandjean de « C'est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde », Le Seuil

Idees et debats. Mefiez-vous du petrole pas cher, Les Echos, 20/02/09  -  Jean-Marc Jancovici
Par Admin-Polytech-21
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