Perspectives energetiques mondiales

Publié le par Admin-Polytech-21

L’AIE presente une situation alarmante des perspectives energetiques mondiales, Actu-Environnement, 13/11/08
F. Roussel
 
Presentee hier a Londres, l’edition 2008 du World Energy Outlook de l’Agence Internationale de l’Energie ne presage rien de bon pour le climat. Les besoins augmentent alors que les investissements dans les technologies propres ne suivent pas.

A la demande des chefs d'Etat et de gouvernement des huit pays les plus industrialises (G8), l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) publie chaque annee son rapport intitule World Energy Outlook. Cette etude compare ce que sera la situation energetique d'ici 2030, si rien n’est fait, a un scenario alternatif base sur une demande d'energie reduite et sur l'utilisation de sources d'energie autres que fossiles.

L’edition 2008 devoilee hier n’est pas plus rassurante que les editions precedentes et le contexte de crise economique et financiere n’arrange rien. Ainsi, d’apres le scenario de reference, la demande mondiale en energie primaire augmentera d’1,6% par an en moyenne d’ici a 2030 tirees par la Chine et l’Inde. Cette hausse se traduira par une demande accrue en petrole : 106 millions de barils par jour en 2030 contre 85 millions aujourd’hui. Mais c’est surtout le charbon qui verra son utilisation s’accroitre et comptera pour un tiers de la hausse de la demande en energie. Toutefois, l’AIE estime que les energies renouvelables se developperont rapidement et deviendront la deuxieme plus grande source d'electricite peu apres 2010.

Cote emissions de CO2, l’AIE prevoit une augmentation de 45% entre 2006 et 2030
, atteignant 41 gigatonnes. Trois quarts de l'augmentation auront lieu en Chine, en Inde et en Moyen-Orient, et 97% dans les pays n'appartenant pas a l'OCDE. Or, la stabilisation de la concentration en CO2 dans l’atmosphere a 550 ppm, equivalent a une hausse des temperatures de 3°C, signifie qu’il ne faut pas emettre plus de 33 GT en 2030 et reduire ces emissions a plus long terme. Selon l’AIE, pour inverser la tendance et atteindre cet objectif, la part des energies a faible teneur en carbone comme l’hydroelectricite, le nucleaire, la biomasse et les centrales a combustible fossile equipees de la capture et du stockage du carbone (CCS) dans le mix energetique mondial va devoir passer de 19% en 2006 a 26% de 2030.

Respecter les consignes du Groupe International d’Experts sur le Climat (GIEC) qui conseille de limiter a 450 ppm la concentration de CO2 dans l’atmosphere est un defi encore plus difficile a relever. Nous aurons besoin de l'action concertee de tous les emetteurs importants. Notre analyse prouve que les pays de l'OCDE ne peuvent pas a eux seuls mettre le monde sur une trajectoire de 450 ppm, meme s’ils ramenaient leurs emissions a zero, commente Nobuo Tanaka. Pour le directeur de l’AIE, il est donc urgent de declencher une revolution energetique globale en ameliorant l'efficacite energetique et en augmentant le deploiement de l'energie a faible teneur en carbone.

Un petrole plus difficile a extraire et plus cher
En plus de fournir une mise a jour complete des previsions a long terme des besoins en energie jusqu'en 2030, le rapport de l’AIE detaille les perspectives de production de petrole. L’agence previent ainsi que le petrole restera la source d'energie principale pendant de nombreuses annees encore, meme dans un scenario des plus optimistes concernant le developpement des « technologies propres ».

Mais les sources, les couts de production et les prix que les consommateurs devront payer sont extremement incertains. Une seule chose est certaine, precise Nobuo Tanaka, bien que les desequilibres du marche alimenteront la volatilite, l'ere du petrole bon marche est terminee. L’AIE remarque ainsi que les sources petrolieres sont de plus en plus controlees par des pays non membres de l’OCDE et que les compagnies petrolieres voient leurs acces restreints.

L’AIE estime ainsi que pour compenser le declin de production des champs petroliferes d’ici 2030, il faudrait augmenter les capacites de production de 45 millions de barils par jour soit environ quatre fois la capacite actuelle de l’Arabie Saoudite et ce meme si la demande en petrole ne fluctue pas d’ici 2030.
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