2010 Appel d'offres pour Classement des Universités

Publié le par Admin-Polytech-21

L'Europe lance son classement des universites, Le Monde, 14/11/08
Brigitte Perucca
 
L'Europe universitaire contre-attaque. Les Etats membres en ont assez de subir, annee apres annee, le classement de Shanghai, qui relegue leurs universites dans les profondeurs. Ils auront donc bientot leur propre barometre. Odile Quintin, directrice generale de l'education a la Commission europeenne, a annonce, jeudi 13 novembre a Paris, a l'occasion d'un colloque europeen consacre a la "comparaison internationale des systemes educatifs", le lancement d'un appel d'offres pour la constitution d'un classement "qui devrait etre disponible en 2010".

Avec un double objectif : que les universites du Vieux Continent pesent davantage dans la concurrence internationale, mais aussi que l'Europe universitaire se remette en mouvement. Car la mobilite etudiante bat de l'aile : 4 % des etudiants europeens seulement ont inscrit un sejour a l'etranger dans leur cursus.
L'appetit n'y est pas, ou plus : en France, 4 000 des 27 000 bourses Erasmus n'ont pas trouve preneurs en 2007. "Erasmus a besoin d'un nouveau souffle", a declare la ministre de l'enseignement superieur et de la recherche, Valerie Pecresse, rappelant que 3 % seulement des enseignants-chercheurs europeens travaillent dans un autre pays de l'Union.

Satisfaite que la France, qui milite depuis plusieurs mois en faveur d'un tel outil, ait ete entendue, Mme Pecresse souhaite que le futur classement mette en lumiere "la performance reelle" des universites europeennes tout en assurant une information "transparente". Et que ses vertus soient au moins autant economiques, en ameliorant l'attrait des etablissements europeens, que citoyennes.

Ses contours sont deja connus. Ils s'inspireront largement du Centrum fur Hoch-schulentwicklung, cree en Allemagne il y a une dizaine d'annees. Realise aupres de 232 etablissements et sur 35 filieres, ce classement est base sur une trentaine d'indicateurs. Il permet aux etudiants de faire leurs choix sur la base de criteres aussi varies que le nombre de publications, l'insertion des etudiants et leurs conditions d'etudes.

Dans le meme esprit, le futur classement europeen sera "multicriteres", prenant en compte aussi bien la qualite de l'enseignement que celle la recherche, discipline par discipline.

De ce fait, il sera difficile de classer les etablissements, l'idee etant plutot d'etablir une cartographie permettant aux facultes de se comparer et aux etudiants d'operer un choix eclaire.

Enfin, il s'appliquera a une echelle internationale, de maniere a concurrencer vraiment le classement realise par l'universite Jiao-Tong de Shanghai.

Ce dernier, ne en 2003, place invariablement les universites americaines - Harvard, Stanford, le MIT, Columbia - en tete. On y trouve 34 etablissements europeens dans le top 100, contre 58 universites americaines et huit asiatiques.

D'abord ignore, puis critique, il a fini par mettre le monde universitaire europeen sous pression. Il est venu s'ajouter a la liste deja longue des classements existants, comme ceux du Financial Times, dans le domaine de la gestion, ou de l'universite neerlandaise de Leiden. D'autres encore, tel celui de la revue Times Higher Education, ont ete crees ulterieurement, alors que l'Organisation de cooperation et de developpement economique (OCDE) prepare egalement le sien.

Tous ont, selon Valerie Pecresse, "d'indiscutables defauts" : celui en particulier de valoriser les indicateurs de reputation plutot que les indicateurs objectifs, qui supposent un long travail de collecte et de hierarchisation.

Centre sur les travaux de recherche (nombre de Prix Nobel et de Medaille Fields parmi les anciens etudiants et les chercheurs, nombre de citations dans les grandes revues scientifiques), le classement de Shanghai est - par construction - defavorable aux Europeens, dont les etablissements universitaires sont plutot de petite taille et davantage tournes vers les sciences humaines et sociales.

Outre ces defauts, sa fiabilite est desormais mise en cause par une etude recente du Centre commun de recherche de la Commission europeen.
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Publié dans Education-Formation

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