Wangari Maathai, la Nobel qui plante des arbres
Obstination.
Le prix Nobel de la paix de 2004 milite toujours activement pour le developpement durable.
Entretien.
Wangari Maathai n'est pas femme a abandonner.
La Kenyane ne l'a jamais fait. En 1964, elle etait la premiere femme d'Afrique de l'Est a obtenir un baccalaureat en biologie. Sept ans plus tard, elle etait la premiere a decrocher un doctorat.
Quand, en rentrant d'etudes menees aux Etats-Unis grace a la fondation Kennedy, elle fait le constat dramatique que le pays de son enfance n'a plus assez d'eau potable, manque de nourriture, que des forets entieres sont devastees, que des rivieres sont assechees, que la neige fond sur le mont Kenya, elle decide d'agir. Elle rencontre un forestier et lui demande... 15 millions de plants.
Le mouvement Ceinture verte, visant a promouvoir la biodiversite tout en creant des emplois pour les femmes, etait ne. Deux ans plus tard, lorsque son mari demande le divorce, c'est parce que, dit-il, elle est « trop instruite, trop forte, trop brillante, trop tetue et trop difficile a controler »...
Et Wangari d'ecoper de quelques jours de prison pour outrage a magistrat. Wangari Maathai n'abandonne jamais, et c'est en 2004 que son travail en faveur du developpement durable est reconnu dans le monde entier : elle devient la premiere femme africaine a recevoir le prix Nobel de la paix. Et l'ancienne secretaire d'Etat a l'Environnement dans son pays, qui a ete menacee de mort pour ses prises de position dans la crise kenyane en 2008, de continuer a faire entendre sa voix.
Dans le film « Nous resterons sur Terre », elle est l'une des quatre personnalites a analyser les consequences de la situation actuelle sur l'environnement.
Le Point : Ces jours-ci, les grands pays se retrouvent au G20. Ils vont trouver des solutions pour lutter contre la crise financiere. Comment expliquez-vous que, pour l'environnement, les sommets internationaux se succedent les uns apres les autres sans qu'ils soient suivis d'effets ?
Wangari Maathai : Detrompez-vous. Ces reunions sont tres importantes. Elles permettent au moins de poser le probleme de la degradation de la planete. Cela dit, vous avez raison. Aux yeux des pays developpes, les questions environnementales ne sont pas vraiment urgentes. Personne n'a le sentiment de perdre un peu de la sante du globe lorsqu'une foret ou une riviere disparait ou quand la glace fond. Voila pourquoi il faut que cette mobilisation touche chaque habitant du monde et pas seulement les Etats.
Mais qui est responsable de la deterioration de l'environnement ? Les Etats riches ?
Tout le monde est coupable. Il n'y a qu'a voir le film « Nous resterons sur Terre » pour se rendre compte que les activites des hommes, qu'ils soient dans des pays riches ou dans des nations moins developpees, contribuent a degrader l'environnement de maniere dramatique. Chaque individu, ou qu'il vive sur la planete, est responsable d'elle. Chacun de ses habitants contribue a detruire l'environnement. Et chacun peut donc decider d'agir pour la preserver. Le film dresse un tableau sans equivoque : il n'y a qu'a voir comment on se comporte, comment on se nourrit, comment on produit, comment on consomme les ressources de la planete. C'est la course a la demesure. C'est aux gens de decider s'ils veulent soutenir un tel rythme. Mais en en assumant les consequences ! En etant honnete, on voit tres clairement qu'une telle pollution et un tel gaspillage des ressources sont insupportables. Nos ressources sont limitees. Il n'y a pas d'alternative. Seul le developpement durable peut nous sortir de cette impasse. Ce choix doit etre fait par les individus, par les entreprises et par les gouvernements. Tout le monde a un role a jouer.
Mais que doit-on faire concretement ?
Il faut tout d'abord s'eduquer pour etre persuade qu'en effet la planete est menacee. Nombreux sont ceux qui pensent encore qu'il y a assez de ressources dans le monde, qu'il n'y a pas de raison de s'inquieter. Voila pourquoi des films comme celui-ci sont extremement importants. Beaucoup de gens travaillent dans le monde entier pour tenter de faire passer le message, mais je suis etonnee de voir avec quelle lenteur il se diffuse ! La deuxieme chose a faire, c'est de faire des choix. Vous pouvez decider de ne pas manger d'aliments venus de l'autre bout du monde et de soutenir les productions locales : ce choix-la, toutes les maitresses de maison peuvent le faire. Les enfants peuvent aussi agir : quand ils se brossent les dents, ils peuvent economiser l'eau. Quand ils sont a l'ecole, ils peuvent ecrire des deux cotes de la feuille. Chacun peut decider, quelle que soit sa place dans la societe, de ne pas gaspiller. Les Japonais ont un tres beau concept inscrit dans leurs traditions, le Mottainai.
Son principe repose sur trois « R » : reduire, reutiliser, recycler. Il faut etre reconnaissant de ce que l'on a, respecter et ne pas gacher les ressources. Certains investissent dans l'energie solaire ou dans l'eolienne ; d'autres, comme je l'ai constate a Paris, preferent les velos a leur voiture... Chacun doit comprendre qu'il n'y a pas de geste inutile. La planete a besoin de nous. Et c'est surtout nous qui avons besoin de la planete.
Les plus demunis ont-ils aussi les moyens d'agir ?
Les populations les plus pauvres sont souvent responsables de la deforestation, car elles sont tres dependantes du bois. Elles detruisent les forets, les terres agricoles et la biodiversite. Elles generent de l'erosion. Bien sur, il s'agit pour elles de survie. Mais elles detruisent tout de meme l'environnement. Elles doivent pourtant comprendre qu'elles sont toujours tres dependantes des matieres premieres, de leurs terrains pour l'agriculture, des forets pour le bois de chauffe, des rivieres pour l'irrigation de leurs cultures... Et que si elles n'y prennent garde, elles en subiront directement les consequences. C'est pour cela que j'ai lance des campagnes comme celle du « milliard d'arbres », pour que ces populations realisent qu'elles peuvent participer, meme en faisant un tout petit quelque chose. Les Africains sont aux avant-postes de la protection de la planete, et ils ne doivent pas attendre que les gouvernements ou les agences d'aide internationale interviennent. Planter un arbre ne necessite ni argent ni technologie avancee. Certaines actions essentielles et durables peuvent etre menees sans grands moyens.
Parlez-nous de la campagne du « milliard d'arbres ».
Le Programme des Nations unies pour l'environnement, la Ceinture verte et le Centre international pour la recherche en agroforesterie ont lance cette campagne en octobre 2006, pour lutter contre le changement climatique en encourageant les individus, les communautes, les organisations et les gouvernements a s'engager a planter des arbres. Nous avons deja contribue a faire pousser 2 milliards d'arbres, et nous esperons atteindre les 7 milliards avant le sommet de Copenhague, en decembre prochain. C'est un geste tout simple, mais qui montre que chaque citoyen du monde a un role a jouer.
Votre combat n'est-il pas perdu d'avance ?
Certains disent que c'est deja trop tard. J'ai lu un article de James Lovelock [l'un des intervenants du film, NDLR], le pere de la « theorie Gaia » [« la terre doit etre consideree comme un organisme vivant »], qui dit que l'on perd notre temps en plantant des arbres. Mais je suis de nature optimiste : je pense que nous sommes encore la et que nous pouvons agir pour changer le cours des choses. Ne serait-ce que pour nos enfants. Il n'y a pas de temps a perdre.
Vous avez recu en 2004 le prix Nobel de la paix pour votre action ecologique au sein du mouvement Ceinture verte. Quel lien y a-t-il entre la paix et l'environnement ?
Ceux qui m'ont remis le prix ont compris qu'en protegeant l'environnement et en promouvant le developpement durable et les droits de l'homme, il s'agit de paix. Si on n'a pas de gestion durable des ressources, celles-ci ne seront plus en quantite suffisante pour tous. Cette repartition inegale des matieres premieres engendre une competition, et donc des conflits.
Si on pouvait gerer les ressources de maniere plus durable, on serait plus a meme d'anticiper les sources de conflits. C'est la que la gouvernance de l'environnement rencontre la paix « Celle qui plante les arbres », de Wangari Maathai (Ed. Heloise d'Ormesson, 384 pages, 23 E).
<www.unep.org/billiontreecampaign>
« Nous resterons sur Terre » Les images sont saisissantes et l'effroi envahit rapidement le spectateur... Un gigantesque hangar chinois reamenage en monstrueuse cantine est envahi par une veritable maree humaine a l'heure de la pause. Des centaines de puits de forage de petrole defigurent le paysage. Une serre s'etend a perte de vue, des pneus s'entassent par milliers.
La planete va mal, tres mal. Cinq annees de production, 45 semaines de tournage dans 21 pays et huit mois de documentation ont ete necessaires a Pierre Barougier et Olivier Bourgeois pour realiser ce film sur l'environnement.
Pas de propagande, juste des images filmees pour que chacun se fasse sa propre idee de l'urgence de la situation.
Les realisateurs ne voulaient pas d'un film bavard : ils ont donc fait appel a des temoins de poids, tous specialistes du developpement durable. « Le scientifique James Lovelock, de la Royal Society of London, et le sociologue Edgar Morin apportent beaucoup d'humanite.
Mais ils ont aussi traverse le siecle et profitent des enseignements de l'experience », explique Olivier Bourgeois. Mikhail Gorbatchev, « l'homme qui fait tomber les murs », et Wangari Maathai (voir interview) ont ete egalement interroges.
A court terme, Barougier et Bourgeois esperent que l'opinion publique se reappropriera le sujet avant le sommet de Copenhague, qui aura lieu en decembre prochain. A plus long terme, ils souhaiteraient que le film soit diffuse gratuitement dans toutes les ecoles du monde.
L'Unesco et le film Diffuser gratuitement le film dans toutes les ecoles du monde...
Pierre Barougier et Olivier Bourgeois, les deux realisateurs de « Nous resterons sur Terrre », seraient-ils de doux reveurs ? Ce n'est pas l'avis de l'Unesco, qui soutient ardemment le projet. Les programmes des Nations unies pour l'education et l'Unicef sont aussi sur le coup. Avant meme le debut de la campagne de promotion du film, la France, les Pays-Bas et l'Algerie ont deja donne leur accord de principe. De quoi en convaincre plus d'un. <http://www.lepoint.fr/actualites-societe/wangari-maathai-la-nobel-qui-plante-des-arbres/920/0/331616>
Le prix Nobel de la paix de 2004 milite toujours activement pour le developpement durable.
Entretien.
Wangari Maathai n'est pas femme a abandonner.
La Kenyane ne l'a jamais fait. En 1964, elle etait la premiere femme d'Afrique de l'Est a obtenir un baccalaureat en biologie. Sept ans plus tard, elle etait la premiere a decrocher un doctorat.
Quand, en rentrant d'etudes menees aux Etats-Unis grace a la fondation Kennedy, elle fait le constat dramatique que le pays de son enfance n'a plus assez d'eau potable, manque de nourriture, que des forets entieres sont devastees, que des rivieres sont assechees, que la neige fond sur le mont Kenya, elle decide d'agir. Elle rencontre un forestier et lui demande... 15 millions de plants.
Le mouvement Ceinture verte, visant a promouvoir la biodiversite tout en creant des emplois pour les femmes, etait ne. Deux ans plus tard, lorsque son mari demande le divorce, c'est parce que, dit-il, elle est « trop instruite, trop forte, trop brillante, trop tetue et trop difficile a controler »...
Et Wangari d'ecoper de quelques jours de prison pour outrage a magistrat. Wangari Maathai n'abandonne jamais, et c'est en 2004 que son travail en faveur du developpement durable est reconnu dans le monde entier : elle devient la premiere femme africaine a recevoir le prix Nobel de la paix. Et l'ancienne secretaire d'Etat a l'Environnement dans son pays, qui a ete menacee de mort pour ses prises de position dans la crise kenyane en 2008, de continuer a faire entendre sa voix.
Dans le film « Nous resterons sur Terre », elle est l'une des quatre personnalites a analyser les consequences de la situation actuelle sur l'environnement.
Le Point : Ces jours-ci, les grands pays se retrouvent au G20. Ils vont trouver des solutions pour lutter contre la crise financiere. Comment expliquez-vous que, pour l'environnement, les sommets internationaux se succedent les uns apres les autres sans qu'ils soient suivis d'effets ?
Wangari Maathai : Detrompez-vous. Ces reunions sont tres importantes. Elles permettent au moins de poser le probleme de la degradation de la planete. Cela dit, vous avez raison. Aux yeux des pays developpes, les questions environnementales ne sont pas vraiment urgentes. Personne n'a le sentiment de perdre un peu de la sante du globe lorsqu'une foret ou une riviere disparait ou quand la glace fond. Voila pourquoi il faut que cette mobilisation touche chaque habitant du monde et pas seulement les Etats.
Mais qui est responsable de la deterioration de l'environnement ? Les Etats riches ?
Tout le monde est coupable. Il n'y a qu'a voir le film « Nous resterons sur Terre » pour se rendre compte que les activites des hommes, qu'ils soient dans des pays riches ou dans des nations moins developpees, contribuent a degrader l'environnement de maniere dramatique. Chaque individu, ou qu'il vive sur la planete, est responsable d'elle. Chacun de ses habitants contribue a detruire l'environnement. Et chacun peut donc decider d'agir pour la preserver. Le film dresse un tableau sans equivoque : il n'y a qu'a voir comment on se comporte, comment on se nourrit, comment on produit, comment on consomme les ressources de la planete. C'est la course a la demesure. C'est aux gens de decider s'ils veulent soutenir un tel rythme. Mais en en assumant les consequences ! En etant honnete, on voit tres clairement qu'une telle pollution et un tel gaspillage des ressources sont insupportables. Nos ressources sont limitees. Il n'y a pas d'alternative. Seul le developpement durable peut nous sortir de cette impasse. Ce choix doit etre fait par les individus, par les entreprises et par les gouvernements. Tout le monde a un role a jouer.
Mais que doit-on faire concretement ?
Il faut tout d'abord s'eduquer pour etre persuade qu'en effet la planete est menacee. Nombreux sont ceux qui pensent encore qu'il y a assez de ressources dans le monde, qu'il n'y a pas de raison de s'inquieter. Voila pourquoi des films comme celui-ci sont extremement importants. Beaucoup de gens travaillent dans le monde entier pour tenter de faire passer le message, mais je suis etonnee de voir avec quelle lenteur il se diffuse ! La deuxieme chose a faire, c'est de faire des choix. Vous pouvez decider de ne pas manger d'aliments venus de l'autre bout du monde et de soutenir les productions locales : ce choix-la, toutes les maitresses de maison peuvent le faire. Les enfants peuvent aussi agir : quand ils se brossent les dents, ils peuvent economiser l'eau. Quand ils sont a l'ecole, ils peuvent ecrire des deux cotes de la feuille. Chacun peut decider, quelle que soit sa place dans la societe, de ne pas gaspiller. Les Japonais ont un tres beau concept inscrit dans leurs traditions, le Mottainai.
Son principe repose sur trois « R » : reduire, reutiliser, recycler. Il faut etre reconnaissant de ce que l'on a, respecter et ne pas gacher les ressources. Certains investissent dans l'energie solaire ou dans l'eolienne ; d'autres, comme je l'ai constate a Paris, preferent les velos a leur voiture... Chacun doit comprendre qu'il n'y a pas de geste inutile. La planete a besoin de nous. Et c'est surtout nous qui avons besoin de la planete.
Les plus demunis ont-ils aussi les moyens d'agir ?
Les populations les plus pauvres sont souvent responsables de la deforestation, car elles sont tres dependantes du bois. Elles detruisent les forets, les terres agricoles et la biodiversite. Elles generent de l'erosion. Bien sur, il s'agit pour elles de survie. Mais elles detruisent tout de meme l'environnement. Elles doivent pourtant comprendre qu'elles sont toujours tres dependantes des matieres premieres, de leurs terrains pour l'agriculture, des forets pour le bois de chauffe, des rivieres pour l'irrigation de leurs cultures... Et que si elles n'y prennent garde, elles en subiront directement les consequences. C'est pour cela que j'ai lance des campagnes comme celle du « milliard d'arbres », pour que ces populations realisent qu'elles peuvent participer, meme en faisant un tout petit quelque chose. Les Africains sont aux avant-postes de la protection de la planete, et ils ne doivent pas attendre que les gouvernements ou les agences d'aide internationale interviennent. Planter un arbre ne necessite ni argent ni technologie avancee. Certaines actions essentielles et durables peuvent etre menees sans grands moyens.
Parlez-nous de la campagne du « milliard d'arbres ».
Le Programme des Nations unies pour l'environnement, la Ceinture verte et le Centre international pour la recherche en agroforesterie ont lance cette campagne en octobre 2006, pour lutter contre le changement climatique en encourageant les individus, les communautes, les organisations et les gouvernements a s'engager a planter des arbres. Nous avons deja contribue a faire pousser 2 milliards d'arbres, et nous esperons atteindre les 7 milliards avant le sommet de Copenhague, en decembre prochain. C'est un geste tout simple, mais qui montre que chaque citoyen du monde a un role a jouer.
Votre combat n'est-il pas perdu d'avance ?
Certains disent que c'est deja trop tard. J'ai lu un article de James Lovelock [l'un des intervenants du film, NDLR], le pere de la « theorie Gaia » [« la terre doit etre consideree comme un organisme vivant »], qui dit que l'on perd notre temps en plantant des arbres. Mais je suis de nature optimiste : je pense que nous sommes encore la et que nous pouvons agir pour changer le cours des choses. Ne serait-ce que pour nos enfants. Il n'y a pas de temps a perdre.
Vous avez recu en 2004 le prix Nobel de la paix pour votre action ecologique au sein du mouvement Ceinture verte. Quel lien y a-t-il entre la paix et l'environnement ?
Ceux qui m'ont remis le prix ont compris qu'en protegeant l'environnement et en promouvant le developpement durable et les droits de l'homme, il s'agit de paix. Si on n'a pas de gestion durable des ressources, celles-ci ne seront plus en quantite suffisante pour tous. Cette repartition inegale des matieres premieres engendre une competition, et donc des conflits.
Si on pouvait gerer les ressources de maniere plus durable, on serait plus a meme d'anticiper les sources de conflits. C'est la que la gouvernance de l'environnement rencontre la paix « Celle qui plante les arbres », de Wangari Maathai (Ed. Heloise d'Ormesson, 384 pages, 23 E).
<www.unep.org/billiontreecampaign>
« Nous resterons sur Terre » Les images sont saisissantes et l'effroi envahit rapidement le spectateur... Un gigantesque hangar chinois reamenage en monstrueuse cantine est envahi par une veritable maree humaine a l'heure de la pause. Des centaines de puits de forage de petrole defigurent le paysage. Une serre s'etend a perte de vue, des pneus s'entassent par milliers.
La planete va mal, tres mal. Cinq annees de production, 45 semaines de tournage dans 21 pays et huit mois de documentation ont ete necessaires a Pierre Barougier et Olivier Bourgeois pour realiser ce film sur l'environnement.
Pas de propagande, juste des images filmees pour que chacun se fasse sa propre idee de l'urgence de la situation.
Les realisateurs ne voulaient pas d'un film bavard : ils ont donc fait appel a des temoins de poids, tous specialistes du developpement durable. « Le scientifique James Lovelock, de la Royal Society of London, et le sociologue Edgar Morin apportent beaucoup d'humanite.
Mais ils ont aussi traverse le siecle et profitent des enseignements de l'experience », explique Olivier Bourgeois. Mikhail Gorbatchev, « l'homme qui fait tomber les murs », et Wangari Maathai (voir interview) ont ete egalement interroges.
A court terme, Barougier et Bourgeois esperent que l'opinion publique se reappropriera le sujet avant le sommet de Copenhague, qui aura lieu en decembre prochain. A plus long terme, ils souhaiteraient que le film soit diffuse gratuitement dans toutes les ecoles du monde.
L'Unesco et le film Diffuser gratuitement le film dans toutes les ecoles du monde...
Pierre Barougier et Olivier Bourgeois, les deux realisateurs de « Nous resterons sur Terrre », seraient-ils de doux reveurs ? Ce n'est pas l'avis de l'Unesco, qui soutient ardemment le projet. Les programmes des Nations unies pour l'education et l'Unicef sont aussi sur le coup. Avant meme le debut de la campagne de promotion du film, la France, les Pays-Bas et l'Algerie ont deja donne leur accord de principe. De quoi en convaincre plus d'un. <http://www.lepoint.fr/actualites-societe/wangari-maathai-la-nobel-qui-plante-des-arbres/920/0/331616>
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