Aimer ce siécle (édito d'un site belge)

Publié le par Admin-Polytech-21

Aimer ce siècle

 

Par gilles Toussaint

L’ancien patron de l’Agence française de l’environnement, Pierre Radanne, ne nous en voudra pas trop de nous inspirer éhontément du rafraîchissant exposé auquel il s’est livré lors d’un récent passage à Bruxelles.


La négociation qui a débuté ce lundi à Poznan entre les 192 pays signataires de la Convention climat des Nations unies est là pour le rappeler: la lutte contre le réchauffement climatique est le défi majeur de ce siècle. Dans ces débats abscons, derrière le moindre mot, la moindre virgule, âprement discutés, se cachent les premiers jalons qui doivent marquer le début d’un changement de civilisation. Celle des ressources abondantes et bon marché. Et de la poussière sous le tapis.


Tandis que le spectre de la crise économique se fait de plus en plus pesant mais que le prix du baril de pétrole s’écrase, la tentation est grande de se dire qu’il ne s’agit là que d’un accident temporaire et qu’une fois la tempête passée, le "business as usual" reprendra son cours. Ce serait une lourde erreur. Ajouter une crise écologique majeure à ce sombre tableau serait suicidaire. La prospérité économique et la stabilité géopolitique futures passent inéluctablement par une libération de notre dépendance aux énergies fossiles et une réduction des émissions de gaz à effet de serre.


Pour les générations présentes et à venir, cela représente à la fois une immense responsabilité et une incroyable opportunité: celle de réorienter une page d’histoire qui paraît bien mal engagée. De tracer les contours d’un avenir moins sinistre. Moins cynique.


Plutôt que de craindre la révolution qui s’annonce, saisissons cette chance.


La satisfaction d’une vie se résume-t-elle seulement à l’accumulation sans fin de biens matériels?


Pourquoi ne pourrait-on bien vivre, voire mieux vivre, autrement? En tirant le meilleur des ressources disponibles plutôt qu’en les épuisant.


Alors oui, la transition ne sera pas toujours facile. Oui, notre façon de nous alimenter, de nous loger, de nous déplacer, de travailler doivent et vont changer. Oui, des technologies plus "vertes" peuvent et vont se développer. A chacun d’entre nous de montrer aux pouvoirs économique et politique que le réveil des consciences a sonné. Que la mondialisation n’est pas seulement celle des intérêts particuliers, mais aussi celle des responsabilités assumées et de la solidarité.


Le temps est venu de tirer les leçons de l’histoire. De faire savoir que nous sommes prêts à embrasser ce siècle plutôt qu’à l’affronter.

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Publié dans Economie-Sociétés

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